lundi 10 octobre 2011

Fatum

How dies one live
When spots mirages?

She gives one dice or another
But what happens
when one does not want to play?
Know the dice?
Know the trick?

Hell on earth
Hell on earth

Destiny teases him
Mistreates him
Him who knows
The little games of hers


Hum, très sexiste, cette dernière strophe.
What to say when cannot touch

Festive clothes on a screen
Colours corrupted by pixels
Photos of dreamt memories

She stands there and says she loves
What's true? What's virtual?
Even when she was there and I was there
Has it happened?
How did I survive?

When she lies in t-shirt and shorts
And I enter the room
What do I think?
Why amn't I crying?

Has it happened


Mouais, faudrait voir à arrêter de boire, hein.

Ah ben ma pauv' dame ça c'est avec tous leurs satellites, tout est déréglé.

Tout d'abord et avant de m'élancer dans ma logorrhée, je tiens à répondre à vos questions, multiples, que j'ai reçu du facteur. Je lis: "Mardi en 15, Bouchy, Eure. Bonjour énetwène", Bonjour, "Que pensez vous de vos derniers écrits, datant de novembre? En effet vous n'écrivez plus depuis un petit moment là, donc on sait pas sur quel pied danser, c'était une blague ou quoi? Les enfants et ma femme sont très inquiets, je vous en prie donnez des nouvelles! Virgile" Eh bien Virgile, je pense que ce que j'ai écrit c'est de la merde.

Voila on peut s'y remettre. Je chausse les gants Mappa et tranche dans le lard. Alors qu'est ce qui se passe aux Indes? Eh bien Majestée, tout va au mieux, l'indigène est débonnaire et la mission est en bonne voie, je vous fais des énormes bisous. Non ce qui me préoccupe bel et bien maintenant c'est la météo, honteux non? Pleuvra, pleuvra pas, voilà le major concern pour moué. Mais ici le temps a cet aspect bien particulier qui fait que cette question est importante et n'est pas seulement réservée au lit quand vous n'avez plus rien à dire à cet être humain dont vous ne vous souvenez déjà plus du nom mais qui pourtant semble vous connaître (serait-ce quelqu'un de ma famille? Je vais me renseigner: "Euh, you speak vosgian?"). S'il ne pleut pas, eh bien tu peux être sûr que tu vas avoir une journée enfermé comme un caniche à sa mémé reluquant la caniche à son pépé de l'autre côté de l'Avenue Gaston Bachelard. Tu crèves juste de ce qu'il n'est même plus possible d'appeler de la chaleur mais bien du feu si tu fous le bout de quoi que ce soit dehors et tu te confines dans des cercles polaires artificiels recréés par des machineries qui, je vous le promets Majestée, font du froué! Eh oui du froué! Résultat du quinté, tu passes le temps sur le computère à regarder des gifs animés de panda. La classe quoi.
S'il pleut, grand Dieu, s'il pleut! Mais s'il pleut c'est le déluge de tous les temps! C'est la fin du monde! C'est Armageddon! V'la-t-y pas que l'aut' jour je m'en vais partager un café avec des connaissances, dont l'une pourrait aisément me faire chanter René la taupe en mangeant de la Vache qui rit (j'aime pas la Vache qui rit) sur un simple claquement de doigt si elle le veut, ce qui est fort peu probable, elle ne connait heureusement pour elle pas cette taupinette infâme et n'en a rien à foutre de me faire manger du fromage ici plutôt expansif au niveau du coûte.

Le petit problème c'est que je n'ai jamais eu l'outrecuidance de lancer ce post à la face du monde bouffi dans son survêtement devant Télé Foot mais ai préféré me laisser vivre un peu. Toutefois, dans ma retraite française qui est maintenant mon quotidien, entre le chat et Vivement dimanche, j'ai retrouvé cette vieille bouteille qui il me semble a un goût pas mauvais qui mériterait de figurer sur ce mur de la honte constitué par les pixels que toi, le jeune, tu lis en ce moment. Je ne sais plus ce que je voulais braire et c'est peut être tant mieux, je ne sais plus si j'y étais vraiment, si ça s'est passé, si j'ai rencontré cette petite fille des faubourgs de Daremshala qui me regardait avec l'air de dire: "mais où va t-on?". Quand je dis "on" c'est le monde, elle, vous, moi, pas que je la trimbalais pour aller au zoo. Je sais plus très bien, mais on y va!

samedi 20 novembre 2010

Le bonheur ça se mérite

Alors voila on s'imagine souvent que le bonheur ce serait facile, ce serait gagner au lotto et échouer sa carcasse de smicard sur une île qui désormais nous appartient, se faire prendre à pleine bouche par une inconnue dans un ascenseur la turgescence qui sert de repère à la naissance pour dire à la maman suante et droguée à la péridurale (là faut m'excuser je suis pas sûr des termes obstétriques) "c'est une fille" "c'est un garçon" parfois rien du tout et on met le bébé dans une éprouvette ou une chambre stérile pour étudier ses interactions avec des rats plus tard... eh merde a me suis perdu dans ma phrase. Donc le bonheur ce serait un truc qui nous tomberait sur le coin de la gueule, un truc devant lequel on dit "ah ben si je me serais douté" (oui le bonheur nuit à l'intellect).

Eh ben non ahah! Le bonheur c'est un truc que tu peux avoir que si tu sens que c'est justice. Bien sûr le fait de se faire violer en mode Emile Louis par une bombasse de derrière les fagots doit pas puer de la gueule, mais réfléchissons une seconde. Allez steuplait... Après je te laisserai faire ce que tu veux avec l'image de cette belle inconnue nymphomane que j'ai fait naître dans ton esprit. Bon, c'est parti. Donc tu peux imaginer sans peine que le bonheur d'un enfant africain, asiatique, européen, américain, océanien, arctiquien ou antarctiquien (ouais je suis pas raciste) famélique devant un bon paquet de gâteau genre des Kango vaut bien plus que ce que toi t'éprouves devant un repas de Noël. Pourquoi? Parce qu'il en a chié! Ou plutôt il a pas dû beaucoup chier dans sa vie et c'est justement ça qui est terrible!

Alors est-ce que nous aussi gavés de margarine St Hubert 41 et de raviolis Buitoni en  boîte, abreuvés de Candy'up et de Villageoise, obnubilés par des torrents d'émissions télé plus entertainantes les unes que les autres, est-ce que nous aussi bordel on aurait pas droit au bonheur?

La réponse est oui, on y a droit! Mais c'est pas facile. L'autre jour attablé en compagnie d'un ami fort sympathique devant des calamars frits, des pommes de terre sautées et deux bouteilles de 75cl de Kingfisher sorti d'un frigo n'ayant rien à envier à ma chambre à Nancy vers le 4 février, tout ceci dans une ville de la côte de l'Inde qui donne sur le Golfe persique (parce que arabique ça sonne trop moderne rapport au fait eh ben que la Perse ça existe plus donc c'est classe, comme le veut l'adage: ce qui existe plus était mieux et plus classe), tout ça après une petite baignade dans une eau turquoise et un peu trop chaude à mon goût (merde on est quand même en novembre!), eh ben devant tout ça je me suis dit que ça devait être une des fois dans ma vie où j'étais le plus proche du paroxysme du bonheur (oui je pourrais dire Nirvana mais j'ai déjà dit que c'était pas un blog sur l'Inde).

Ahah, je te tiens salopard que je me suis dit! Je t'avais déjà vu filer au loin genre quand tu crois tombé amoureux et qu'après tu t'aperçois que ce putain de bonheur t'a refilé dans les pattes de la meuf aux finitions pas toujours réussies voir aussi dangereuse que ces nounours fabriqués en Chine qui au milieu de la nuit se jettent sur les bébés et les dévorent parce qu'ils ont un défaut de fabrication (si c'est vrai, je l'ai lu dans "Le journal du bon Français dans son pays, lui". Cherchez pas il ont changé de nom pour "Picsou Magazine" rapport à des problèmes judéo-maçonniques juridiques, c'est moins trash comme titre mais le contenu reste le même).

Donc ce salopard de bonheur semblait enfin rendre les armes comme Vercingétorix devant César dans le livre qu'on m'avait offert petit que j'ai perdu et que ça me fait grave chier (c'était un livre avec tous les évènements par ordre chronologiques de l'Histoire de France, une page sur l'histoire et en face une illustration, si vous voyez de quoi je veux parler ou si c'est vous qui me l'avez volé envoyez votre adresse ainsi que votre code d'immeuble, c'est plus sympa).

Mais soudain une pensée sautant avec une lance m'assaille (notez cette blague en envoyant un chiffre de 0 à 1000 au 87554), cette pensée est la suivante: qu'est ce que t'as fait pour ça? Bon je me disais aussi que je ferais bien mordre les draps à une jeune fille rencontrée il y a peu au cours de mes études en Indes mais bon on va se concentrer sur une pensée un peu originale parce que si vous voulez savoir ce que pense la partie de mon cerveau dédiée aux pensées cochonnes on a pas fini (cette partie du cerveau qui s'imagine 10 plans cul avec des femmes différentes à la seconde, eh ouais 10 à la seconde, je suis un fameux serial-fucker!).

Est-ce que je le mérite bon dieu! Qu'est ce que j'ai fait à part me traîner dans la vie comme une vieille barrique qu'on roule de la crèche à la maternelle, de l'école primaire à la prépa (ouais j'épargne les détails), pour finir en école de commerce sans se fatiguer. Si je suis en Inde c'est uniquement parce que j'ai coché une croix sur un formulaire d'échange universitaire et franchement à part bouffer un peu plus de mon futur héritage les doigts de pieds au vent j'y fais pas grand chose.

Alors voila, j'ai élaboré cette théorie que j'appellerai "Paradygme de Piège de Cristal" (ouais je sais y a pas de Y à paradigme mais ça péte, tout comme dans pète c'est un accent grave mais moi je le prononce avec un accent aigu parce que ça a pas le même sens honnêtement). Donc cette théorie ou paradigme ou hypothèse ou autre veut que le bonheur absolu ne puisse se trouver que dans la situation de John McClane à la fin du film: il en a chié, il est fatigué, il est divorcé, ses gosses lui manquent, il a une carrière de merde, il a du verre dans les pieds (ça c'est le pire), il a tué plein d'êtres humains (ben ouais faut grandir les méchants dans les films au pire ils méritent un procès, faut pas être fasciste même si bon ça à la limite ça peut être fun de flinguer le bourreau de sa femme surtout s'il s'appelle Gruber). Bref il est au bout du rouleau quand enfin il a tué tout le monde et qu'il embrasse sa femme parce que ouais on sait bien qu'à la fin tous les gens qui divorcent en vrai ils s'aiment (cf: intégrale des films hollywoodiens comportant la notion de divorce), John McClane est soulagé, il est bien, il jouit. Voila le bonheur, le vrai. Alors à côté passer une nuit dans un bus (même indien!) pour le lendemain se retrouver dans mon petit resto de bord de mer ça fait un peu petite bite.

Si j'étais un con pompeux je vous parlerais du complexe christique judéo-chrétien qui fait de nous tous (y compris les non-croyants petit malin j'te vois venir) de petits SM en puissance. Comment vous expliquez autement le succès des catégories Bondage, Deep throat et autre Triple zigounettes dans le pétard sur des sites pour lesquelles je ne ferais aucune publicité, le nombre de mes propres clics à eux seuls pouvant leur assurer des revenus conséquents (conséquents par rapport à quoi je sais pas mais bon j'ai pas envie d'avoir de problème avec la police qui surveille les chieurs apôtres du bon français donc je sème dux trois lieux communs)?

Alors, demande-je, que dois-je faire? Me lacérer le dos avec une ceinture cloutée avant de fumer la moindre clope? Me planter les doigts dans la prise avant d'aller regarder les nouvelles vidéos de chat sur internet?
Nan, ce serait trop simple (non je suis pas lâche!) il faut que les éléments qui font qu'on en chie au départ soient fortuits (et donc que le bonheur soit fortuit aussi, et là tu te dis que j'ai réfuté cette hypothèse au départ et là je te réponds que c'est un blog et que t'es pas M. K, mon prof de philo d’hypokhâgne et si c'est toi eh ben euh bonjour monsieur, vous allez bien? Vous avez vu j'ai cité votre théorie sur les SM judéo-chrétiens, comment ça j'ai dit que c'était une théorie de connard pompeux?). Eh ouais, sinon ça marche pas. Comme quand on cherche une meuf, il faut pas s'y attendre sinon dieu n'envoie pas la brune au 85C avec un chignon nous parler rapport à un cours eh ben qu'elle a pas compris et qu'elle voudrait qu'on l'aidasse.

Convaincu? Nan? Eh ben allez vous faire foutre.

vendredi 19 novembre 2010

Je mange pô

"Hey you look thinner!" "Oh ben non c'est parce que je fais du sport"
Bien sûr que non que je fais pas un poil de sport c'est juste que depuis un mois et demi, 6 semaines, 42 jours, 1008 jours je me trouve dans un pays magique qu'on appelle communément l'Inde, moi je dis les Indes rapport au fait que j'ai jamais digéré le coup de Gandhi et Nehru qui ont pensé faire les malins en devenant indépendant genre "si on peut se débrouiller tout seul", Lord Mountbatten le con a répondu "Même pas cap" et on sait ce que ça a donné, résultat ils se sont tous barrés et ont décidé d'aller ouvrir des restaurants et des boutiques de souvenirs dans toutes les capitales du monde et même à Poitiers (!).

Bref entre deux évacuations de population, volontaires ou non, à destination de l'hémisphère nord que dans un souci de clarté nous appellerons chez moi, ou vers des pays plus propices à l'épanouissement de la foi de chacun, c'est à dire qu'ils ont viré à coup de pompes dans le cul tout ce qui avait l'audace de pas adorer Vishnu et les quelques autres 200 dieux veaux, vaches, cochons... vers des pays riants et pleins de ressources qu'on appelle le Pakistan et le Bangladesh (pluies torrentielles en août, chaleur infernale le reste de l'année, bref le pied).

Donc entre deux parties de jambe en l'air et de prières (les deux se font le plus souvent en même temps) les Hindous ont réussi à développer une cuisine. Et quelle cuisine, personne ne sait marier avec tant d'art les différents épices et ingrédients en des mets délicats relevant les saveurs qui proviennent de toutes les régions du pays, qui du Kerala, qui du Tamil Nadu, qui du Madaya Pradesh, bon j'arrête là vous avez compris. Cette cuisine qui je le sais aujourd'hui a été conçue comme une arme à destination de l'occident. Ô fous qui êtes en quête des armes de destruction à portée massive en Iraq, envoyez plutôt vos GI dans les cuisines du sous-continent (c'est pas un jugement c'est comme ça que ça s'appelle). Là se trouvent les pires armes bactériologiques jamais imaginées: à savoir LES ÉPICES!!!

Pas un grain de riz qui ne soit recouvert de curry et autre massala à faire reculer même le plus vulgaire palais de France. Pas un gramme de sauce qui ne puisse provoquer une détonation s'il venait à tomber trop violemment sur le sol (travailler dans une épicerie en Inde c'est pire que le salaire de la peur). Tout ce qui peut abréger les souffrances c'est une ablation du membre lingual brûlé ou du jus de fruit glacé il est vrai plus pratique si on veut continuer à rouler des patins goulus à de l'Indienne en lui faisant croire que ceci est le geste d'amour le plus distingué qui soit à savoir le French Kiss (je sais pas à quel génie diabolique on doit cette invention mais je lui paie une bouteille de Beaujolais nouveau quand il veut).

Donc voila votre serviteur, adepte de bonne chère, de bouchées à la reine, de cassoulet, de Flammenkuche, de...de fondue bourguignonne, de...de oh merde je viens de jouir rien qu'à l'évocation de ces mets. Bref votre serviteur n'en peut plus et pense de plus en plus sérieusement à commander du saucisson via la Redoute à Roubaix (pourquoi Roubaix?) mais j'ai vérifié ils font pas, au mieux je peux commander de la bouffe en Inde mais vous savez quoi? Ben c'est de la bouffe indienne. Ah ça ils nous font des rues entières de restos Hindous mais ils sont pas foutu de te vendre du Français ici. T'essayes le Mcdo en désespoir de cause et là qu'est ce qu'on te propose? Le Mc Maharadja, un truc même pas gras avec deux grammes de poulet et le reste d'épices. Big Mac connaissent pas, bacon non plus, essaye même pas de chercher un kebab. Vous vous rendez compte, le dernier endroit de la terre où y a pas de kebab! Bon dieu si c'est pas une preuve de sous-développement qu'est ce que c'est?

Donc pour la dixième fois ré-ca-pi-tu-l-o-n-s: pas de viande à part du poulet et un peu d'agneau (là faudra m'expliquer en quoi l'agneau est un animal qui vaut moins qu'une vache, c'est trop mignon un agneau, je pensais que c'était ça le critère des végétariens) enfin là encore faut chercher avant d'en trouver, y a moins de non-vég restaurants que de bar gay à Bar-le-Duc. Pas de viande et attends la meilleure, pas d'alcool non plus. Ahahah la bonne blague, sur le papier ça donne pas envie mais on est loin et on sirote une bière en se disant que bon dieu on peut bien s'en passer 6 mois, mais après c'est la réalité, plus une ligne dans le Lonely Planet! Résultat tu te fournis au marché noir à des tarifs prohibitifs (pour l'Inde hein, faut pas déconner et mettre plus de 5 bucks dans une bouteille) et tu passes tes journées à harceler tes potes en leur demandant quand arrive la prochaine livraison comme un putain de camé à la con qui poireaute des heures en attendant le salaud qui se pointe avec 3 jours de retard pour lui refiler du lait maternel Blédina mélangé à du détergent pour chiottes et un poil de ce qui aurait pu être de la drogue avant.

Bref riz, épices et pas d'alcool, et pis c'est tout et si t'es pas content c'est pareil et c'est pas une question c'est un ordre, etc...
Je n'ai pas supporté le non mélange et après peut être une semaine de bonne volonté et de problèmes gastriques à côté desquels un cancer du colon doit être une partie de plaisir j'ai décidé d'arrêter de m'alimenter dans un autre but que pouvoir continuer à aller sur internet et fumer des clopes. Finis les "oh ouais j'en reprendrais bien", finis les bidons qui dépassent du jean que t'es obligé de faire péter la ceinture et parfois même le slip, fini fini. D'aucuns diront que c'est une maladie, je leur pisse à la raie en proclamant "c'est un truc de meuf!" Et c'est vrai ça a franchement rien à voir, c'est juste que l'idée de descendre aller bouffer dans cette cantine climatisée pire que le rayon surgelé chez Cora et de remplir mon plateau-plat en ferraille (vla l'ambiance taule!) me fait passer la moindre idée de faim si immense soit elle. Çà et la clope.

Bon je rassure tout le monde je mange quelques toasts avec du beurre dès fois pour conserver la peau qui commence à toucher sévèrement mes os. Franchement je fais ce que je peux mais là quand même c'est pô humain.

Seul échappatoire, dans mon placard se terrent encore 5 boîtes de pâté Hénaff et 2 de cassoulet que je ne sais d'ailleurs pas comment je vais les cuisiner. Je pense que j'en parlerai à l'hôpital pour qu'ils me les foutent sous perf' d'ici une semaine. Je dis ça et ça se trouve ils vont me foutre en taule pour recel d'animal mort et mijoté à la sauce périgourdine, ce derneir point qui je le rappelle est ici passible de l'exécution par éléphant comme le prouve ma photo de profil.

Le mieux dans tout ça c'est que j'ai découvert le sens de la vie et ça s'appelle la bouffe. Et je pense ce que je dis!

jeudi 18 novembre 2010

Joe Dassin - Le Cafe des Trois Colombes

Alain Chamfort et Questions pour un champion online

Quand t'es à l'étranger tu te construis ta France à toi, ça doit tenir dans ta chambre, tu peux t'aider d'internet et c'est vital. Si t'as pas ça tu te mets à délirer et tu peux finir par aimer le pays où tu te trouves, c'est très dangereux.
Quand je parle d'étranger je veux dire loin hein, pas genre l'Italie, en Italie t'as qu'à enlever les O et les I au bout des mots et c'est comme Saulxures-les-Nancy. Nan je parle du vrai dépaysement, genre quand tu sors dans la rue les gens te regardent avec un mélange de "Qu'est ce qu'il est venu foutre ici ce blond?" et "Putain si je veux vendre mon stock de crème solaire c'est maintenant!" Enfin l'étranger quoi, qui fout les boules!

Donc pour rester sain et Français je me suis bâti une contre culture à base de Joe Dassin et de pâté en boite (Hénaff, mon fidèle compagnon). Je me tape l'intégral Mocky blotti sous ma couette et je lis Montaigne (putain pourquoi j'ai pris Montaigne, faut vraiment être con genre "c'est un chef d'oeuvre donc ce sera l'idéal", c'est juste chiant en fait). Et puis y a Skype, c'est super Skype, tu peux voir ta mère préparer une choucroute, tu t'y croirais tellement que t'en mords les draps, la cuisine devient pornographique, t'en rêves la nuit et tu te réveilles encore tout suant parce que tu rêvais de l'usine Fleury Michon.
Vous allez me dire "oh mais mec t'es fou profite du voyage!" mais putain c'est pas un voyage c'est six mois ok? Les vaches au milieu de la route tu trouvais ça trop classe, maintenant tu les insultes parce qu'elles ralentissent le rickshaw qui t'amène vers ton bureau de tabac officiel, celui où le mec te connait tellement qu'il te gruge même pas en te rendant la monnaie. Au début tu kiffes la chaleur, maintenant tu te prostituerais pour ressentir le froid le vrai, quand t'as les mains gelés tu sais quand t'allumes ta clope en hiver. Et j'en ai pleins d'autres comme ça.
Et puis j'y suis tous les jours en voyage, j'ai pas besoin de me forcer, et rassure toi je vis l'Inde quoi que je fasse dès que je sors de mon lit, je parle un mix d'anglais et d'Hindi du lever au coucher, je kiffe ma race chaque trajet en rickshaw, chaque singe que je vois, chaque ruelle que j'emprunte en me sentant plus perdu qu'un enfant dans une piscine à boule chez McDo (je m'y perdais souvent petit, t'imagines pas l'angoisse) donc me sors pas tes leçons et laisse moi me plaindre un peu.